07/02/2011

Mie apprend à partager Moitié

Partir à deux pour un week-end  en amoureux et en revenir seule...
A priori, on dirait la fin tragique d'une tumultueuse histoire d'amour. À quelques jours de la Saint-Valentin en plus. Mais en fait, ça fait seulement partie des aléas de la vie de couple: apprendre à partager sa moitié.

Les occasions de partage varient. Par exemple, quand il y a un film d'action à la télé et que notre homme est complètement concentré, la bouche ouverte, les poings serrés, s'imaginant dans la peau du superhéros tentant de sauver la jeune fille tout en empêchant un conflit mondial sans trop abîmer sa Porsche décapotable, alors, on comprendra rapidement qu'un «Je fais de la lessive: as-tu quelque chose à laver?» ne parviendra pas à le sortir de sa torpeur. Le film gagne toujours. De même que le match de hockey et la vidéo (plate!) sur YouTube.

Comme quand on était petite et qu'on apprenait à partager ses jouets, il faut apprendre à partager son homme en se disant qu'au moins, il n'a pas encore d'iPad et que, pour le moment, la chambre à coucher reste un endroit sacré où aucun superhéros (même pas le superbe bad boy Jason Statham du non moins navet Mécano), chanteur de hip hop (no comment) ou joueur de hockey (hmmm... dommage....) n'a sa place.

Mais parfois, il est plus difficile de partager l'Homme de sa vie. Par exemple, quand on a organisé un super week-end en amoureux dans une chic auberge avec repas 7 services, petit-déjeuner en tête à tête, patin au clair de lune et voyage en train, à la condition expresse que nous serions seuls au monde... et qu'un inattendu familial vient chambouler les plans de cette lune de miel. Nous devrons revenir à la maison sans notre compagnon de voyage.

(Oui, dit comme ça, ça a l'air très égoïste... Mais come on, quel mauvais timing!)

Alors, on prend une grande respiration, on ravale ses larmes de frustration, on dit «Tu feras un gros câlin à ta grand-mère» et on embrasse son Homme comme s'il n'y avait pas de lendemain, comme si les extraterrestres venaient juste de débarquer dans leurs vaisseaux impossibles et que la fin du monde arrivait avant 2012.
On le regarde droit dans les yeux, on lui fait «bye-bye» avec notre foulard de laine (faute de mouchoir blanc) depuis le quai de la gare pendant qu'il nous fixe d'un air déterminé, en bombant le torse. (On se retourne: y aurait-il un écran de télé diffusant le Super Bowl derrière nous? Non, même pas!)
«Va, cours, vole au secours de ta grand-mère!» lui lance-t-on une dernière fois avant que le train ne s'ébranle et que les larmes que l'on tentait tant bien que mal de contenir ne s'échappent de leurs carcans d'émeraude. On le regarde s'éloigner d'un pas énergique, plein de testostérone, prêt à accomplir sa mission de sauveur de l'Humanité.

Une chance qu'on avait pensé à apporter un bon livre. Et puis, on pourra occuper deux sièges et s'étaler dans le train en se donnant des airs de snob qui paye le double tarif pour sa tranquillité... Ou de Vierge éplorée abandonnée à la dernière minute par son Roméo...

Chose certaine, à son retour, ce superhéros là aura une place de choix dans la chambre à coucher.

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