Dans le métro, les joyeux utilisateurs à l'haleine matinale lisent les dernières nouvelles de la Coupe du Monde dans leur gratuit préféré. Partout, les jerseys portant les emblèmes de pays lointains supplantent les chandails de hockey de la Sainte-Flanelle. Les drapeaux multicolores ont remplacé le bon vieux tricolore.
Tout le monde suit la Coupe du Monde.
Dans la rue, les badauds se rassemblent sur les terrasses et aux portes des bistros pour zieuter l'écran géant et s'époumoner en criant: «Gooooooaaaallllll!», «Buuttttttttt!», Gooooooollll!» et autres «ο σκορ ένα γκολ!» Les essaims d'abeilles qui se prennent pour des instruments de musique y vont de leur zzzzzzzz incessant.
À l'épicerie maghrébine grano, le caissier n'a même pas regardé l'argent que je lui donnais, obnubilé par la télé. En approchant du petit café cubain, ce n'est plus de la musique latino qu'on entend, mais bien des cris de rage. Et le resto coréen toujours fermé semble tout à coup accueillir des clients.
Aujourd'hui, la nouvelle que le gardien vedette du CH vient d'être échangé contre deux illustres inconnus n'a même pas semblé leur faire un pli sur le vuvuzela.