J'en ai eu des frissons. Des frissons devant tant de compassion. Des frissons parce que la gentillesse est parfois si rare qu'on en oublie qu'elle existe.
Mais elle est bien vivante, je l'ai vue! Au coin de Sainte-Catherine et De Lorimier, par un bel après-midi ensoleillé.
L'homme, manifestement handicapé, boitait aussi rapidement que ses jambes le lui permettaient.
De l'autre côté de la rue, une femme, très petite, presque naine, traînait de peine et de misère une énorme valise aux roulettes tout aussi fonctionnelles que les jambes du monsieur. Elle s'arrêtait sans cesse pour reprendre son souffle et s'essuyer le front.
Son sauveur a titubé jusqu'à elle et lui a offert son aide, qu'elle s'est empressé d'accepter.
Le nouveau couple a donc poursuivi sa route sur Sainte-Catherine. Elle, toute petite et paraissant désormais toute légère, délestée de son trop-plein de bagages. Lui, à la démarche de plus en plus vacillante, utilisant toute la force de ses bras valides pour porter sa nouvelle croix aux roulettes défectueuses, tentant tant bien que mal de ne pas s'enfarger dans ses propres jambes. Le soleil tapait fort sur la calvitie naissante du gentleman. Un vrai gentle man. Un homme... gentil.
J'espère qu'elle l'a remercié.
J'ai déjà croisé cet homme au même endroit. La prochaine fois, j'ai bien envie de le saluer.
17/05/2010
10/05/2010
Le jour viendra
Aujourd'hui, j'écris pour ne pas écrire.
Pour ne pas lire aussi, et pour ne pas courir.
Tout à l'heure, je courrai pour ne pas marcher, ou je sauterai sur un Bixi pour ne pas prendre l'autobus.
Les journées filent, le temps passe, et je n'ai presque rien accompli.
Bientôt, je lirai toute la journée, armée d'un stylo rouge. Plus tard, je jouerai de la souris et du clavier des heures durant pour créer, ou pour peaufiner.
Pendant ce temps, des livres ne seront pas lus, des textes ne seront pas écrits, des verres sur des terrasses resteront à jamais à moitié remplis, à moitié vides.
L'été sera arrivé, puis reparti, un nombre incalculable de fois.
Je serai une triathlète avant l'automne.
Mon vélo orange collectionnera la poussière dans ma chambre.
J'écrirai un livre avant 35 ans.
Je passerai mes temps libre à jouer au Scrabble.
Je serai une mère au foyer comblée.
J'achèterai un nouveau Blackberry.
Le jour viendra où je soufflerai une chandelle de plus. Et, encore une fois, je n'aurai pas vu le temps passer.
Le jour viendra...
Pour ne pas lire aussi, et pour ne pas courir.
Tout à l'heure, je courrai pour ne pas marcher, ou je sauterai sur un Bixi pour ne pas prendre l'autobus.
Les journées filent, le temps passe, et je n'ai presque rien accompli.
Bientôt, je lirai toute la journée, armée d'un stylo rouge. Plus tard, je jouerai de la souris et du clavier des heures durant pour créer, ou pour peaufiner.
Pendant ce temps, des livres ne seront pas lus, des textes ne seront pas écrits, des verres sur des terrasses resteront à jamais à moitié remplis, à moitié vides.
L'été sera arrivé, puis reparti, un nombre incalculable de fois.
Je serai une triathlète avant l'automne.
Mon vélo orange collectionnera la poussière dans ma chambre.
J'écrirai un livre avant 35 ans.
Je passerai mes temps libre à jouer au Scrabble.
Je serai une mère au foyer comblée.
J'achèterai un nouveau Blackberry.
Le jour viendra où je soufflerai une chandelle de plus. Et, encore une fois, je n'aurai pas vu le temps passer.
Le jour viendra...
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