17/05/2010

Frissons sous le soleil

J'en ai eu des frissons. Des frissons devant tant de compassion. Des frissons parce que la gentillesse est parfois si rare qu'on en oublie qu'elle existe.
Mais elle est bien vivante, je l'ai vue! Au coin de Sainte-Catherine et De Lorimier, par un bel après-midi ensoleillé.

L'homme, manifestement handicapé, boitait aussi rapidement que ses jambes le lui permettaient.

De l'autre côté de la rue, une femme, très petite, presque naine, traînait de peine et de misère une énorme valise aux roulettes tout aussi fonctionnelles que les jambes du monsieur. Elle s'arrêtait sans cesse pour reprendre son souffle et s'essuyer le front.

Son sauveur a titubé jusqu'à elle et lui a offert son aide, qu'elle s'est empressé d'accepter.

Le nouveau couple a donc poursuivi sa route sur Sainte-Catherine. Elle, toute petite et paraissant désormais toute légère, délestée de son trop-plein de bagages. Lui, à la démarche de plus en plus vacillante, utilisant toute la force de ses bras valides pour porter sa nouvelle croix aux roulettes défectueuses, tentant tant bien que mal de ne pas s'enfarger dans ses propres jambes. Le soleil tapait fort sur la calvitie naissante du gentleman. Un vrai gentle man. Un homme... gentil.

J'espère qu'elle l'a remercié.

J'ai déjà croisé cet homme au même endroit. La prochaine fois, j'ai bien envie de le saluer.

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